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Association pour la Protection et la Réinsertion des Enfants de la Rue

Approche basée sur les enfants de la rue : Extrait tiré de l'Enquête sur les enfants des rues de Dakar du Samu Social

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Approche basée sur les enfants de la rue : Extrait tiré de l'Enquête sur les enfants des rues de Dakar du Samu Social


Publié le: 02/Feb/2017 22:06:03
Dernière modification: 02/Feb/2017 16:55:44

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Pour identifier ces enfants, on a renoncé au raffinement de la langue, coire au scrupule. Et l'Euphémisme a fait place a l'expression cure « enfant de la rue ». C'est pas cette tragédie, la leur, qu'on les déigne. Une appellation qui laisse plutôt croire qu'ils se seraient soustraits eux-mêmes des domaines d'intervention des adultes (famille, école) pour se marginaliser. En d'autres termes, qu'ils seraient responsables de ce qui leur arrive. Pourtant, de Rio de Janeiro à Dakar, ils sont là de plus en plus nombreux, qui nous reprochent tacitement notre incapacité à assumer à leur égard notre mission de socialisation. Mais plus que ce « débat » sur la responsabilité de cette situation, c'est surtout la nature même du phénomène et des stratégies pour l'endiguer qu'il s'agit. En effet, l'émergence de cette catégorie d'enfants n'est-elle pas le signe on ne peut plus clair, d'un monde qui s'effondre ?

Leur nombre sans cesse croissant, malgré l'énergie que les bonnes volontés y consacrent n'appelle-t-il pas à une politique mieux ciblée et à la participation du plus grand nombre ?

 

Qu'appelle-t-on enfant de la rue ?

 

Sous ce concept on regroupe les jeunes gens dont l'âge se situe entre sept et vingt ans et qui ont choisi comme domicile les lieux publics (marchés, gares routières, trottoirs des rues etc). Ils vivent généralement du revenu de petites corvée, mais aussi et surtout de mendicité et de racket. Il faut distinguer entre « enfant de la rue » et « enfant dans la rue ». En effet, ce dernier concept renvoie à tous ces jeunes gens de la même tranche d'âge, qui résident chez leurs parents ou chez un tuteur et qui passent la majeure partie de la journée dans les lieux publics. Ainsi la différence entre ces deux groupes d'enfant se situe au niveau du lien avec la famille. Si les premiers ont totalment échappé à l'autorité parentales gèrent de ce fait entièrement leur vie, le seconds continuent à vivre sous un autorité familiale quelque peu effritée.

Ils ont fui l'indifférence, la négligence, les mauvais traitements dans leurs foyers pour se retrouver, faute d'alternative, dans la rue. Celle-ci devient leur refuge et leur nouvelle famille. Ils n'y trouvent pas leur salut pour autant. Leurs conditions de vie sont rudes et les menaces qui planent sur eux compromettent leur survie à chaque instant. Etre un enfant de la rue, c'est ne pas manger à sa faim, dormir dans des lieux insalubres, affronter la violence ; c'est grandir sans être accompagné, aimé ni protégé, c'est ne pas avoir accès à l'éducation ni aux services de santé., c'est perdre toute dignité et devenir adulte avant même d'avoir été enfant. Dans ces conditions, ni les drogues, ni les maladies mortelles ne leur semblent être un danger pour eux. Les drogues « aident » à surmonter les difficultés, et les maladies mortelles compromettent un avenir tellement hypothétique que la nécessité de se protéger ne semble justifiées. Ainsi, les enfants de la rue en sont les victimes potentielles souvent sans savoir et toujours aux dépens de leur vie.

 

Existe-t-il des alternatives à cette fatalité ? Est-il possible de leur éviter de s'exposer aux dangers que représentent les drogues et les maladies mortelles ? Plus que ces questions, c'est un défi qui se pose ici. Un défi qui peut puiser dans le champ de l'éducation préventive des lueurs d'espoir et des réponses concrètes.

 

Les enfants des rues

C'est un phénomène essentiellement urbain, qui frappe un assez grand nombres de métropoles sur les cinq continents. En ce qui concerne le Sénégal, il en est encore à son «vagissement » dans certaines villes à l'intérieur des terres, comme Thiès, Touba, Kaolack, et en Casamance dans une moindre mesure. C'est surtout Dakar qui retient l'attention de tous, car dans la capitale, certains endroits (Patte d'Oie, Stade Leopold Sedar Senghor, Soumbédioune, Sandaga, Ponty, Rebeusse, Bountou, Pikine) sont désormais rendus célèbres par l'émergence d'une nombre croissant d'enfants à la rue. Ils se servent de ces lieux comme abris ou comme lieu de travail. Pour l'instant aucun chiffre officiel n'a encore été publié sur leur nombre et cette situation engendre des difficultés à quantifier le phénomène.