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Association pour la Protection et la Réinsertion des Enfants de la Rue

Les facteurs favorisant l'arrivée dans la rue Atabou Dieme

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Les facteurs favorisant l'arrivée dans la rue Atabou Dieme


Publié le: 02/Feb/2017 22:24:24
Dernière modification: 02/Feb/2017 17:09:50

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Ils sont multiples. Certains tiennent au développement psychologique de ces enfants, d'autres au système économique et social, d'autres à l'école et au daara.

 

1. La crise d'adolescence

Quête identitaire, besoin de liberté et d'autonomie fondent parfois les fugues pour lesquelles certains des enfants quittent le domicile parental pour la rue, où ils espèrent parfois reconstruire leur monde. La crise de l'adolescence est également à l'origine de certains abandons d'études. C'est donc un facteur de dérapage pour les jeunes gens de la tranche d'âge concernée. Mais dans notre contexte culturel où le contrôle social est malgré tout encore assez fort, la crise d'adolescence peut-elle être retenue comme un cause suffisante du départ des enfants pour la rue ? Combien de temps un bon père démuni peut-il garder ses progénitures à la maison ?

 

2. Le facteur économique

Le recensement général de la population et de l'habitat effectué au Sénégal en 2002 montre que la ville de Dakar abrite à elle seule 22 % de la population entre 1988 et 2002, soit 2 167 793 habitants, et 53 % des chômeurs du Sénégal. A ceci s'ajoute un taux d'accroissement naturel assez élevé entre 2002 et 2006 (2,6%).

 

3. Les flux migratoires

La recherche d'une vie meilleurs a toujours provoqué des mouvements de population des zones qui offrent le moins de possibilités d'épanouissement vers celles qui offrent plus de perspectives heureuses. C'est cela également qui explique l'exode rural, malgré les efforts de l’État pour résorber les disparités régionales.Or tous ces déplacements ne sont pas toujours récompensés. Nombreuses sont les familles qui survivent, prises dans l'engrenage contradictoire des rêves et des déceptions. Quant à leurs enfants, ils ont déjà succombé à la tentation de …. au « quartier général ».

 

4. Le facteur scolaire

Dès les années 1960, l'école sénégalaise s'était proposé de réaliser une scolarisation à 100 % à l'horizon de l'an 2000. Cet objectif, très ambitieux a sous-tendu la création d'infrastructures scolaires nouvelles et l'amélioration de celles déjà existantes. Malheureusement, la très forte demande de scolarisation consécutive à la pression démographique n'a pas été entièrement satisfaite. L'école s'est trouvée dans l'incapacité d'absorber toute la population en âge de la fréquenter. Le taux global de scolarisation était de 62,7 % en 2005. Sans doute, une partie des enfants ainsi frustrés sont dans le rue aujourd'hui. Mais la responsabilité du système éducatif dans la naissance de cette catégorie d'enfant, c'est surtout le fait qu'il entretien un rendement interne non reluisant. En effet, les chiffres les plus récents montrent que de 1999 à 2005, sur 1000 garçons et 1000 filles qui entrent au cours préparatoire en première année (CP), respectivement 31,7 % et 49,7 % abandonnent leurs études avant la classe de CM2. Que deviennent donc tous ces enfants à qui, pour insuffisance de structure d'accueil, le système n'a pas donné une chance d'apprendre à lire et à écrire, et tous les autres qui ont abandonné prématurément les études ? Pourront-ils échapper aux pièges de la rue ?

 

5. Désintégration familiale, recomposition familiale défavorable à l'enfant

La vie en milieu urbain se caractérise par un certain individualisme et instabilité conjugale plus rares dans les communauté villageoises. Les séparations y sont plus fréquentes et plus difficiles à surmonter car l'entourage familial, éloigné, ne peut pas jouer son rôle solidaire. Les ruptures familiales peuvent alors s'accompagner d'une dégradation considérables des conditions de vie et déboucher sur l'adoption de stratégies de survie plus exigeantes vis à vis des enfants. Dans les cas les plus précaires, le parent seul est moins disponible et peut devenir maltraitant. Les enfants sont contraints d'avantage au travail et d'assumer de nouvelles responsabilités, ce qui génère tensions et conflits susceptibles de conduire à la rupture. Dans d'autres cas, la séparation des parents peut-être suivie de l'arrivée d'un nouveau conjoint, éventuellement accompagné de ses enfants. La dynamique du foyer s'en trouve modifiée, parfois au détriment de l'enfant. Ce dernier peut alors se sentir rejeté, mal aimé et a l'impression de perdre sa place et sa légitimité au sein du foyer. Il arrive qu'il devienne, de fait un véritable bouc-émissaire dans la nouvelle configuration familiale. Cette situation peut survenir également au sein des famille polygames avec l'arrivée d'une nouvelle épouse.

Les enfants peuvent également se retrouver à la rue à la suite d'événement dramatiques : c'est le cas des enfants orphelins du sida, des enfants réfugiés ou encore de ceux qui, socialement, ne bénéficient d'aucune reconnaissance comme les enfants adultérins, incestueux, de parents emprisonnés, toxicomanes ou prostitués par exemple. L'enfant de la rue de fuit pas un foyer miséreux, il tente d'échapper à un contexte de vie qui lui est défavorable et hostile, un milieu qui ne lui procure ni amour, ni protection mais qui porte atteinte à son intégrité. Ainsi les raisons les plus fréquemment invoquées par les jeunes pour justifier la fuite sont :

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    L'indifférence et la maltraitance physique, psychologique ainsi que les abus sexuels

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    La désintégration familiale et/ou la recomposition familiale devenue défavorable

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    Le besoin d'indépendance et d'aventure

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