Le scandale de la France contaminée

Un reportage à Gueugnon, localité tranquille de Saône-et-Loire, ouvre le magazine. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant, qui a même accueilli un temps un "parcours de santé".

Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice de ce magazine que France 3 a réalisé en coopération avec la société de production Ligne de Mire. La ville, qui avait abrité une usine de traitement d'uranium, n'a découvert qu'en mars 2007 qu'elle était victime de cette contamination.

Les mines d'uranium françaises ne sont plus en activité depuis plusieurs années. Mais cette pollution, qu'il s'agisse de "stériles" (minerai trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs de "Pièces à conviction".

Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau.

Au total, selon les enquêteurs du magazine, plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière. L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs.

Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ? Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.

Le groupe Areva a annoncé jeudi son intention de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Dans un communiqué, Areva, qui a eu connaissance par la presse de la teneur des reportages proposés, estime "pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé". Les producteurs de l'émission ont cependant prévu un entretien avec le porte-parole du groupe, qui doit être enregistré vendredi et inséré dans l'émission. Se référant aux informations de presse, Areva exprime "le sentiment que le magazine est d'ores et déjà bouclé, à charge contre le groupe Areva". Lionel de Coninck, rédacteur en chef de "Pièces à conviction", a assuré qu'il ne s'agissait "en aucun cas de présupposer ce qui va être dit dans l'émission". Selon lui, ce qui a été dit dans le reportage de la position d'Areva est "basé sur ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet".

La CRIIRAD a apporté son appui scientifique à la réalisation de ce reportage consacré aux déchets et pollutions laissées par l’exploitation des mines d’uranium. Vous y retrouverez plusieurs des études réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD : à Saint-Priest-La-Prugne dans la Loire, La Crouzille en Haute-Vienne, Gueugnon en Saône-et-Loire, Saint-Pierre dans le Cantal….

 

La conduite économique et écologique

Représentative des préoccupations de notre époque, la conduite économique et écologique s'impose progressivement comme une nécessité, à tel point qu'elle va bientôt être introduite au programme du code de la route... Quels sont donc les gestes essentiels de la conduite économique et écologique ?

La conduite économique et écologique fait en général appel au bon sens, et remet en question des automatismes qui coûtent cher à la planète et grèvent le budget du conducteur. L'une des règles de base de l'éco-conduite consiste à limiter au maximum les accélérations et décélérations. Les brusques changements de vitesse entraînent en effet une surconsommation du moteur, qui brûle d'un coup davantage de carburant et émet donc davantage de CO2. La conduite économique et écologique prône donc une vitesse régulière, et remplace aussi souvent que possible le frein à pied par le frein moteur.

Deuxième cheval de bataille de la conduite économique et écologique : la climatisation. Selon les conditions d'utilisation, la climatisation peut représenter une surconsommation de 20% supérieure à la moyenne. Il faut donc éviter d'en faire usage, et notamment en ville. Dans certains cas, l'ouverture des vitres est préférable à la climatisation, et n'entraîne que 1% de surconsommation. En appliquant ce principe de la conduite économique et écologique, on peut économiser environ 4 euros tous les 100 km.

Enfin, la conduite économique et écologique suppose une utilisation restreinte de tous les appareils électriques : auto-radio trop puissants, glacière de voiture, lecteur dvd, gps ou mini-ventilateurs sont grands consommateurs d'énergie, sans être indispensables en permanence... Une voiture trop chargée, ou tout équipement entraînant une résistance à l'air (comme les barres ou porte-bagages de toit) sont également ennemis de la conduite économique et écologique.